InformationsLes décideurs du succès

Salima Souakri, ministre déléguée chargée du sport d’élite : «Je donnerai tout ce que je possède comme expériences et visions au sport d’élite.»

«"TINHINENE" est mon projet pour les femmes et les filles du sud, et je l’ai consacré du prix que j’ai reçu récemment.»

Une femme combattante de nature, elle a pris une route rugueuse pour arriver à ses fins, en s’agrippant à son rêve d’enfance de devenir championne. La petite fille a grandi, et comme promis, elle est devenue une championne qui a dominé le judo algérien et africain, en remportant 15 titres de championne d’Algérie, et a été 10 fois championne d’Afrique. Au niveau régional, elle a été championne des jeux méditerranéens de 2001 en Tunisie. Et au niveau mondial, elle est la première judoka africaine à avoir remporté la médaille d’or au fameux tournoi international de Paris en 2002. Elle a levé haut le drapeau algérien durant les évènements internationaux, sans oublier que c’est une des meneuses du sport féminin arabe.

Elle représente plus qu’une femme et plus qu’une présence, car avant que Salima Souakri n’arrive au poste de ministre délégué chargé du sport d’élite, elle est passée par plusieurs étapes. Elle a entrainé l’équipe nationale féminine de 2009 à 2011, ainsi que l’équipe du JSP avec laquelle elle a remporté plein de titres aux niveaux national et arabe. Salima Souakri ne s’est pas arrêtée là, sa grande ambition alimentée par ses expériences de l’école de la vie, et le travail sur elle-même, l’ont conduit à réussir et à briller dans le domaine des médias, avec notamment la présentation de son émission télévisée de grande renommée en Algérie intitulée « Ouvre ton cœur ».

Elle a aussi brillé dans le travail humanitaire en défendant les droits de l’enfant en Algérie, et elle a aussi présidé l’association « El-Wafa » pour les personnes aux besoins spécifiques depuis 2007. Et en 2011, elle a été désignée comme ambassadrice de bonne volonté de l’Algérie à l’UNICEF. En Mars dernier, et durant le jour mondial de la femme, le comité international olympique lui a décerné le prix de « Femme et Sport » pour l’Afrique.

A travers cette interview, Djalia-dz a visé à ce que Salima Souakri mette encore plus de lumière sur sa personne, son parcours humanitaire et sportif, ainsi que sur son travail comme ministre délégué chargé du sport d’élite.

 

Pour commencer, nous vous félicitons pour votre rétablissement du coronavirus, en vous souhaitant une bonne santé. Comment avez-vous vécu la période de votre maladie, et est-ce que l’un des membres de votre famille à été contaminé ?

Je vous remercie, ainsi que tous ceux qui ont demandé après moi et qui se sont soucié de mon état de santé. Je vous rassure tous, je vais beaucoup mieux après être passée par une période très dure que j’ai passé isolée de ma famille pendant deux semaines, et dieu merci, je ne les ai pas contaminés. Bilal, mon mari a pris soin de moi tout au long de mes souffrances avec la maladie, en prenant toutes les précautions contre la contagion, et il n’a pas été contaminé. Ceci prouve qu’on combat ce virus par la prévention qui limite sa propagation. Je conseille tout le monde à prendre les précautions nécessaires face à la propagation de ce virus, et il ne faut pas qu’on le prenne à la légère, malgré la diminution des cas.   

Le journal de Djalia-dz vous présente ses sincères félicitations pour votre désignation au poste de ministre déléguée chargée du sport d’élite, est-ce-que Salima Souakri s’attendait à occuper ce poste ?

Je remercie « Djalia-dz » pour ces compliments, tout en souhaitant à votre revue plus de succès et de distinction. La vérité, c’est que je n’ai pas pensé à cette désignation, et je m’y attendais pas car je crois que tout ce qui arrive vient de dieu, et ce qui me préoccupait et me motivait durant ma carrière sportive, c’était de lever haut le drapeau algérien et d’honorer mon pays dans les grands rendez-vous sportifs.

De quoi rêvait Salima enfant quand elle grandirait ?

Mon rêve était de devenir une championne. Quand l’enseignante nous demandait ce que nous voulions devenir plus grands, mes camarades choisissaient les métiers de médecin, enseignant, pilote, sauf moi, je répondais fièrement « je veux devenir championne », et à chaque fois, l’enseignante voulait me faire changer d’avis, mais j’insistais toujours sur ma réponse qui était de devenir « championne ».

Où classerait Salima Souakri son succès, est-il hérité ? Emane-t-il du soutien de la famille ? Ou bien, est-il le fruit des conditions difficiles qui ont engendré une force d’acier ?

Le succès est le fruit d’un travail continu, d’un grand effort, d’une fidélité et d’une passion pour la chose que nous faisons. Le succès est le sommet tant convoité par les ambitieux qui y parviennent malgré les obstacles et les difficultés. Et sans aucun doute possible, la famille joue un rôle capital, en nous procurant la confiance et l’énergie qui nous poussent toujours vers le sommet. Et la base de tout succès vient de dieu le tout puissant.      

Vous avez reçu récemment du comité international olympique, le prix de « Femme et Sport » de l’Afrique 2020. Que ressentez-vous à l’égard de cette distinction ?

Je suis très heureuse d’avoir reçu ce trophée de la part du comité international olympique, il constitue une source de fierté et de gloire pour moi, car cette récompense a embelli et abouti ma longue carrière sportive qui a duré 36 ans, ce qui augmentera ma détermination à soutenir et à encourager le sport féminin dans notre pays, à le développer, et veiller à réaliser un équilibre des chances de succès entre les deux sexes dans le domaine sportif. Le sport féminin, et malgré les efforts fournis, souffre d’exclusion et de discrimination et n’a pas eu l’intérêt suffisant, ce qui a conduit à ce que les qualités sportives ne soient pas suffisamment mises en évidence. Du coup, et étant responsable, je m’arrêterai aux divers problèmes et obstacles dont souffre le sport féminin, et veillerai à y changer quelques clichés afin de le développer et l’améliorer, car le sport est important, surtout pour la femme, en effet, il l’aide à construire sa personnalité indépendante et à s’auto réaliser.

Malgré la multiplicité des responsabilités et votre désignation en tant que ministre délégué chargé du sport d’élite, êtes-vous encore active dans le travail de bienfaisance ?

En réalité, mon travail en tant que responsable a pris une bonne partie de mon temps, mais je n’hésiterai jamais à fournir le service et l’assistance nécessaires à ceux qui en ont besoin, car ce travail est une obligation qui me tient à cœur.

Quel est le secret de la popularité et de l’amour que vous avez auprès des jeunes et des enfants ?

L’amour des gens est le plus grand cadeau de dieu, et j’en suis très chanceuse. Ce n’est pas un secret, mais tout arrive pour une raison, que ce soit des travaux de bienfaisance, des aides humanitaires, et le plus important c’est que, ce que nous faisons vient directement de l’amour du cœur.

Comment avez-vous reçu votre nomination au sein du ministère ?

J’ai reçu ma nomination au poste de secrétaire d’état chargée du sport d’élite avec fierté. Cette nomination de monsieur le président de la république représente une grande responsabilité, et je ferai de mon mieux pour être à la hauteur de la confiance mise en ma personne. Je suis bien déterminée à donner au sport d’élite tout ce que je possède comme expériences, visions et stratégies pour servir les sportifs et s’occuper de leurs préoccupations, aussi, je veillerai à fournir les conditions nécessaires à leurs préparations pour les grands rendez-vous sportifs nationaux et internationaux.

Quel est l’étendue du rôle que joue le mari de Salima, Dziri Bilal, dans son succès et son rendement ?

Il est certain que derrière chaque grand homme se cache une grande femme, et derrière chaque femme qui a réussi se cache un homme qui la soutient. Dieu merci, mon mariage réussi a eu un rôle immense dans ma stabilité psychologique et mon confort qui m’ont permis à aider et à donner aux gens.

Parlez nous du programme souligné par le gouvernement concernant le domaine sportif ?

A présent, nous sommes avec les préparations spéciales concernant la participation de l’Algérie aux jeux olympiques programmés au Japon, prévus au mois de juillet 2021. Ainsi que les préparations courantes pour accueillir les jeux méditerranéens de 2022 à Oran. Nous travaillons aussi sur la réalisation d’un projet spécial pour former des sportifs dans une durée de six mois, il est destiné aux personnes qui ont le niveau de 9AF et 4AM, dans le but d’augmenter leurs chances de travail dans ce domaine.

Nous travaillons aussi à ce que les scolarisés et les étudiants bénéficient de mesures exceptionnelles, en adaptant les programmes d’études et les horaires d’examens, ainsi que du suivi médical, et de l’assurance avant, durant et après les stages.

Le sport d’élite compte un bon nombre des gens de la communauté à l’étranger, comment pourrait-on les attirer et profiter de leurs talents ?

Après avoir traité un bon nombre de questions en relation avec l’état général du sport d’élite et olympique durant la dernière réunion ministérielle, le président de la république à ordonné d’améliorer les mécanismes de sélection et de découverte des talents sportifs dès leur jeune âge, dedans et hors du pays, en les instruisant et en les formant par les meilleurs encadreurs et  entraineurs algériens et internationaux.

Quelles sont les procédures et les mesures prises pour que les sportifs retrouvent leur forme physique, après l’arrêt des entrainements dû au coronavirus ?   

Concernant le retour aux entrainements des athlètes qualifiés aux jeux olympiques, je travaille en coordination avec mon collègue, le ministre de la jeunesse et du sport M. Sidali Khaldi, car un protocole sanitaire a été mis en place sous la supervision du centre national de la médecine du sport, en plus d’accompagner et de suivre les athlètes d’élite en vue des prochaines échéances internationales, en commençant par les JO. Nous allons aussi nous concentrer et insister sur la nécessité de fournir tout le support et les ressources nécessaires pour une bonne préparation, en mettant en place le comité méthodologique pour accompagner les programmes de préparation des différentes équipes nationales.

Quelle est votre stratégie spéciale pour que les athlètes algériens atteignent le niveau de classe mondiale ?

Nous avons programmé plusieurs visites sur le terrain à travers le pays pour s’arrêter sur les préoccupations de cette catégorie de sportifs, savoir leurs demandes, surtout celles liées aux structures et aux capacités sportives. Nous visons aussi à leur faciliter la mise en place des stages au pays, ainsi que la disponibilité de la formation et de la préparation à l’étranger. En plus, nous tâchons de garantir la formation spécialisée aux encadreurs des clubs de natation afin qu’ils puissent à leur tour former les amateurs de ce sport.

Après votre dernière visite dans la wilaya de Tamanrasset, avez-vous un programme spécial pour cette région ? Et y’a-t-il un encouragement de votre part pour les sports sahariens qui sont pratiqués majoritairement par les touristes ?

Le principal objectif de cette visite était de se débarrasser de la stagnation au niveau des projets sportifs au sud de l’Algérie, et cette visite nous a permis de découvrir les divers talents de ces jeunes, et de suivre leurs activités sous forme de spectacles dans divers domaines comme les arts, le tissu, l’astronomie et la robotique. Aussi, nous veillons à chaque visite au sud, à écouter les jeunes et savoir leurs futures ambitions.

Le sport des personnes aux besoins spéciaux a toujours honoré l’Algérie aux grands rendez-vous, allez-vous prêter votre attention à cette catégorie négligée ?

Sans le moindre doute possible, nous prêtons une sérieuse et grande importance à cette catégorie, afin de la faire progresser dans les sport « paralympique », car nous lui avons consacré une part considérable du plan du programme ministériel, en présentant une feuille de route qui ouvre la voie au projet de création du comité paralympique national qui comporte les handicaps visuels, motrices et mentales, selon les caractéristiques internationales.

Y’a-t-il un encouragement pour le sport féminin ?

En tant que femme, je soutiens et je penche en faveur de la femme bien évidemment, et j’insiste sur l’importance du sport d’élite féminin, ainsi que sur son rôle positif à réaliser l’ajout qualitatif et les résultats positifs pour le sport algérien durant les différentes compétitions régionales, internationales et olympiques, en citant Hassiba Boulmerka, Nouria Benida Merrah, Soria Haddad et plein d’autres.

Et pour revenir au prix de « femme et Sport » que j’ai reçu récemment, il était prévu que je voyage à New York pour le recevoir, mais l’éclosion de l’épidémie du Covid-19 m’en a empêché, et il vont me l’envoyer bientôt. Et concernant le droit des gagnantes de ce prix de financer des projets sportifs féminins dans leurs pays, j’ai un projet très cher à mon cœur que j’ai nommé « TINHINEN » qui vise à la promotion du sport féminin dans le grand sud algérien. Il consiste à former et encadrer des sportives afin qu’elles puissent à leur tour encadrer et entrainer les petites filles. J’ai pensé à réaliser ce projet en prenant en considération la particularité de cette région, car un bon nombre de pères ne laissent pas leurs filles se faire entrainer par des hommes. Du coup, ce projet permettra aux sportives entrainées après l’obtention de leur diplôme et leur formation de 6 mois d’encadrer et d’entrainer les petites filles, et d’ouvrir des associations ou bien de rejoindre d’autres, et ainsi contribuer à promouvoir et développer le sport féminin au sud de l’Algérie.

Un dernier mot pour les athlètes d’élite et pour la femme sportive

Les athlètes d’élite portent l’amour de l’Algérie dans leurs cœurs, et ils ont la responsabilité d’honorer le sport algérien et d’élever son drapeau, je les invite à travailler durement pour obtenir le plus grand nombre de médailles possible durant les échéances sportives qui les attendent. Aussi, je m’attends à ce qu’ils soient des champions et des exemples à suivre.

Je considère la femme sportive comme un symbole de défi et de résilience, elle porte au fond d’elle une force positive sans pareil, et elle voit les défis avec un œil de détermination en voulant atteindre les sommets quelles que soient les circonstances. Je lui conseille seulement de se focaliser sur la réalisation de ses objectifs, de continuer à relever le défi tout comme les athlètes d’élite qui nous ont souvent honoré lors des grandes échéances sportives, ainsi que nos sportifs aux besoins spéciaux que je salue avec amour et respect, car ils ont toujours honoré l’Algérie lors des compétitions sportives internationales, et je les encourage à aller de l’avant dans leur parcours sportif.

Interviewé par Farida Tchamakdji

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